4e Rencontres européennes de Nice :

Ensemble, osons l’Europe !

Fabrice Lachenmaier, Vincent Peillon, Jean-Christophe Picard et Patrick AllemandPour la quatrième année consécutive, Idées Nouvelles Europe a organisé les Rencontres européennes de Nice en présence d’un public nombreux, rassemblé dans les salons de l’Hôtel Negresco sur la mythique Promenade des Anglais. La journée pédagogique à laquelle participe plusieurs établissements scolaires permet d’aborder l’actualité européenne à travers un moment d’échange entre les jeunes et les députés européens invités pour l’occasion. Chaque année, les élus européens apportent leur témoignage sur leur mission difficile et complexe qui consiste à participer au développement de ce projet collectif qu’est la construction de l’Europe. Enrique Baron Crespo et Nicole Fontaine, anciens présidents du Parlement européen, Guy Bono, Jean-Luc Benahmias, Benoît Hamon et Thierry Cornillet députés européens ont depuis 2006 participé à ces Rencontres sur des thèmes très variés : « culture européenne ou culture de l’Europe », « la différence, créatrice d’Europe », « éducation à la citoyenneté européenne active », « sécurité du continent : les frontières de la paix », « l’éducation, la formation et le dialogue interculturel dans l’espace Euromed ».

En 2009, deux invités d’honneur ont rencontré les jeunes : Vincent Peillon et Françoise Grossetête, tous deux députés européens. Les thèmes retenus, sonnant comme de véritables slogans en cette année électorale : « Ensemble, osons l’Europe ! » et « 2009, tous aux urnes ! ». La Rencontre a bénéficié du soutien de la Commission européenne (programme « l’Europe pour les citoyens », de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Conseil général des Alpes-Maritimes). Parmi les organismes participants, on pouvait noter la présence du lycée des métiers les Coteaux de Cannes, le lycée Claret de Toulon, le lycée Massena de Nice, les collèges Alphonse Daudet de Nice et La Fontonne d’Antibes mais également les étudiants de l’Université de formation interprofessionnelle et de l’ISEEC de Nice, les enfants de la Communauté de commune des Monts d’Azur. Parmi les personnalités, on pouvait noter la présence d’Edouard Jagodnik et de Marie-Pierre Magnillat de la Fédération Européenne des Ecoles (ONG dotée du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe qui regroupe 450 établissements privés), de Noël Perna président de Région Verte, du sénateur Marc Daunis, de Jean-Christophe Picard, président du PRG 06, de Guilhemine Delarue de l’Union européenne des femmes de militaires, de Brigitte Ferrari présidente du Mouvement européen des Alpes-Maritimes, etc.

Comme chaque année, un questionnaire a été distribué à l’entrée de la salle que 94 auditeurs ont pu renseigner et glisser dans une urne afin de participer au tirage au sort et gagner… des drapeaux européens.

L’ouverture des Rencontres fut assurée par Fabrice Lachenmaier, directeur d’Idées Nouvelles Europe, maire PRG du Mas. Il a rappelé le concept de la manifestation en soulignant combien l’édition 2009 était unique et essentielle dans le calendrier départemental pour la promotion de l’Europe. Il a ensuite donné la parole à Bernard Asso, conseiller général représentant Éric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes qui a insisté sur l’obligation faite aux jeunes de prendre conscience de leur identité européenne et de leur rôle dans le projet de construction européenne. Patrick Allemand, premier vice-président du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur représentant le président Michel Vauzelle a ensuite donné quelques exemples de l’investissement de la collectivité territoriale dans la mise en place d’une politique volontariste, à dimension internationale, et de ses résultats aussi bien qualitatifs que quantitatifs.

À l’issue de ces interventions particulièrement appréciées, F. Lachenmaier a proposé une première séquence pédagogique intitulée « L’Europe ne s’est pas faite en un jour » qui reprend quelques éléments historiques et culturels : « On présente souvent l’Europe comme une construction récente. C’est vrai et c’est faux en même temps. C’est vrai d’un point de vue politique dans la mesure où l’Europe contemporaine, celle qui a dit oui à la paix et à l’amitié entre les peuples, date de l’après seconde guerre mondiale. C’est faux à l’échelle de l’histoire du continent et à l’échelle de l’homme. On peut en effet parler de civilisation européenne qui puise ses racines culturelles dans les temps les plus reculés. N’oublions pas qu’Europa est grecque et qu’Hésiode au 8ième siècle avant Jésus-Christ employait déjà le terme d’Europe dans ses écrits. L’Europe ne s’est pas faite en un jour. Depuis leur arrivée sur le continent, les hommes n’ont cessé de s’influencer, de s’affronter, de s’unir. C’est l’épopée européenne ». A partir d’un diaporama illustrant quelques grandes périodes, l’animateur a montré l’évolution géopolitique du continent avec un éclairage particulier sur le cheminement contemporain proposé par les pères fondateurs de l’Europe. Après avoir expliqué que le désir d’Europe est évoqué de longue date par des personnages célèbres comme Rousseau ou Hugo ou encore par Aristide Briand qui souhaitait la création dès 1929 d’une Union européenne devant la Société des nations, l’évocation des éléments qui ont accéléré le processus a permis de faire un rappel sur le plan Marshall, le congrès de la Haye, la création du Conseil de l’Europe avant de parler du 9 mai 1950 puis du Traité de Rome en 1957. En guise de révision générale, l’animateur a ensuite listé les dates symboliques de la chronologie européenne, qui correspondent essentiellement aux traités signés jusqu’à celui de Lisbonne qui occupe l’actualité. Après cette évocation, un jeu sur les élargissements a été proposé au public pour mesurer son degré de connaissance des Etats membres et de leur intégration progressive dans l’Union. Cet exercice très ludique a permis d’évoquer les critères d’adhésion, les modalités des différents élargissements depuis 1973 mais aussi les politiques de voisinage ou les coopérations renforcées. Enfin, la question des symboles a été évoquée, l’importance de leur reconnaissance institutionnelle et leur sens profond : le drapeau européen, la monnaie, la devise, la journée de l’Europe, l’hymne… (dès que ce dernier a retenti, la salle s’est levée). Pour F.Lachenmaier « le symbole est un signe chargé de sens culturel. Nous avons besoin de points communs, d’étendards et de repères pour nous sentir collectivement européens. Que serait la France sans le drapeau tricolore, la Marseillaise, le coq qui constituent autant de symboles de la représentation nationale. Comment affirmer sa citoyenneté européenne sans ces symboles ? D’ailleurs la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen cherche un animal symbole pour l’Europe (19/01/09) face à l’aigle américain ou le panda russe. On parle de la colombe signe de paix ou du taureau qui évoque la métamorphose de Zeus pour enlever Europa… »

Il s’agit d’une tradition, les Rencontres européennes constituent un espace et un temps de débat et de dialogue entre les jeunes et les députés européens. Ces derniers viennent expliquer le fonctionnement des institutions communautaires, livrer leur témoignage personnel sur la construction européenne, donner les raisons de la nécessaire mobilisation de l’ensemble des citoyens notamment dans le cadre des élections au Parlement européen. Après Nicole Fontaine et Enrique Baron Crespo (anciens présidents du Parlement européen), Thierry Cornillet, Benoît Hamon, Jean-Luc Benahmias, Goy Bono, les Rencontres 2009 ont accueilli (sous les flashs des photograpes et devant la presse tant écrite qu’audiovisuelle) deux députés européens qui font l’actualité : Vincent Peillon et Françoise Grossetête. Leur mission ? Répondre à une première question « pourquoi a-t-on fait l’Europe et à quoi ressemblera-t-elle dans 40 ans lorsque nous célèbrerons son centenaire ? ». Comme d’habitude se fut ensuite un flot nourri de questions sur des thèmes variés : le développement durable, la politique sociale…

La matinée s’est terminée sur une note optimiste : « nous avons vu que l’Europe est ancienne, qu’elle concerne aussi bien le secteur économique que la culture, que les citoyens européens partagent des valeurs communes et que notre Europe est un mouvement perpétuel… ».

L’après-midi a été consacrée à trois questions : la citoyenneté européenne, le fonctionnement du Parlement européen et les élections, la mobilité en Europe. Véronique Lacoste, enseignante, a démontré à travers son expérience de multiples projets éducatifs européens, les enjeux de la coopération transnationale dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté dès le plus jeune âge. Ensuite, Fabrice Lachenmaier et Françoise Grossetête ont méticuleusement expliqué le fonctionnement du triangle institutionnel (Commission – Conseil – Parlement) avant la diffusion du film « un jour en Europe » qui retrace les actions du Parlement et ses répercussions dans la vie quotidienne des 500 millions habitants de l’Union.

Une nouvelle fois, la salle a été très collaborative. Les questions ont permis à la députée de montrer l’importance du Parlement européen et celui de se rendre aux urnes en expliquant que l’abstention est une force passive et impuissante. Il est en effet important de comprendre que l’essentiel de la politique nationale (60 à 70% des lois actuellement votées en France) est d’inspiration européenne (transposition des directives européennes) et que ce Parlement européen est la seule institution fédérale au Monde qui soit élue au suffrage universelle direct par 375 millions de citoyens électeurs. Pour illustrer ces propos, plusieurs élèves du lycée des Coteaux ont proposé un sketch sur la mobilisation des jeunes et les risques de l’abstention. Ils ont également présenté leur projet pédagogique qui a donné naissance à un livret de l’éco-citoyen et dont ils sont (légitimement) fiers. Françoise Grossetête, membre de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a salué cette initiative originale et a rappelé que le Parlement avait voté plusieurs dispositions en faveur de l’environnement. Ces mêmes élèves ont également expliqué pourquoi il leur semblait important de bénéficier de mobilités en Europe (notamment avec l’aide du programme Leonardo) pour développer leurs capacités linguistiques mais aussi découvrir de nouveaux environnements culturels et économiques, pour échanger des bonnes pratiques et acquérir de nouvelles compétences professionnelles (la destination de ces élèves depuis plusieurs années est Malte).

Malgré une avalanche de questions discontinues, l’animateur a clôturé les Rencontres en reprenant quelques moment forts de la journée et surtout en insistant sur le message pédagogique qu’il fallait comprendre : « En 1945, Lucien Lefevre, historien des Annales définissait trois tâches pour faire l’Europe : une tâche politico-administrative, une tâche économico-financière (du Traité de Rome au Traité de Lisbonne… on peut considérer que c’est fait), enfin une tâche culturelle. Cette tâche repose sur des éléments historiques. Nous partageons un projet collectif et notre mémoire collective est plurielle : pluralité des langues, des peuples, des croyances… Nous avons vu aujourd’hui que nous faisons partie d’une grande famille européenne. Nous devons rêver d’Europe, que les citoyens se réapproprient le projet européen. Nous espérons que cette journée vous aura donné de nouvelles raisons d’aimer l’Europe ».

À visiter :

- Idées Nouvelles Europe


Posté le 15 avril 2009 par Jean-Christophe Picard
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