Échecs de la gauche dans les Alpes-Maritimes :

À la recherche du séminaire perdu

Sous la pression des militants déçus, le PS 06 et le PS 83 avaient organisé, le 4 juillet dernier, un « conseil interfédéral » pour analyser les raisons de leur échec cuisant aux législatives. En pleine vague rose, ils n’avaient, en effet, obtenu aucun député.

À l’issue de cette réflexion que l’on imagine intense, les socialistes avaient pris des décisions courageuses, là où d’autres auraient préféré botter en touche. Ils annoncèrent ainsi leur intention « d’analyser dans le détail leurs résultats aux dernières élections et d’organiser à la rentrée prochaine un séminaire de réflexion en présence de sociologues » (sic) [1].

On ne pouvait que prendre au sérieux une annonce aussi résolue... Hélas, nous sommes déjà en octobre, et plus personne ne pense sérieusement que ce fameux séminaire aura lieu !

C’est bien dommage. D’autant que l’on aurait pu imaginer que les débats soient ouverts à la fois aux autres partis de la majorité présidentielle (PRG, MRC et EELV) ainsi que – soyons fous ! – aux citoyens de gauche (en tous cas, au moins à ceux qui avaient pris la peine de laisser leurs coordonnées pendant la primaire).

Les radicaux de gauche des Alpes-Maritimes auraient été particulièrement heureux de pouvoir participer à une telle initiative. Ils avaient de nombreuses questions à poser, sur le déroulement des législatives en lui-même mais aussi sur les élections précédentes. Nous pensons, en effet, que l’échec de juin 2012 a été grandement favorisé par les déboires déjà rencontrés aux élections locales antérieures.

Nos questions

Nous aurions notamment posé les questions suivantes aux responsables du PS 06…

Législatives de 2012 :

- Pourquoi avoir cassé l’accord PS/PRG qui existait depuis 2007 et qui portait sur la 3e circonscription des Alpes-Maritimes ? Pourquoi avoir ainsi délibérément porté atteinte à l’indispensable union de la gauche ?

- Pourquoi avoir choisi de ne pas présenter les candidats les plus implantés (Marc Concas dans la 1ère ; Patrick Mottard dans la 3e) ?

- Pourquoi ne pas avoir fait d’accord avec le Front de gauche ?

- Était-ce vraiment une bonne idée d’organiser, en pleine campagne, une conférence de presse pour insulter un partenaire, de surcroît membre de la majorité présidentielle ? Cette initiative n’a-t-elle pas abîmé l’image de la gauche dans le département ?

Cantonales de 2011 :

- Pourquoi ne pas avoir voulu conclure un accord global, c’est-à-dire avec l’ensemble des partis de gauche, qui aurait permis d’avoir partout des candidatures uniques ?

- Pourquoi avoir conclu des accords à géométrie variable (différents dans chaque canton), ce qui a rendu l’union de la gauche illisible ?

- Pourquoi avoir organisé, en pleine campagne, une conférence de presse pour menacer un partenaire ? N’est-ce pas plutôt sur la base d’un accord que l’on peut parvenir à des candidatures uniques ?

Régionales de 2010 (rappelons que si la gauche a remporté l’élection au niveau régional, elle est arrivée derrière l’UMP dans les Alpes-Maritimes) :

- Pourquoi ne pas avoir respecté l’accord électoral conclu avec les partenaires ayant pourtant choisi l’union, dès le premier tour ? Ce faisant, ne prenait-on pas le risque de compromettre l’union de la gauche pour l’avenir ?

- Pourquoi avoir mis en place éligible, sur la liste du 06, des candidats issus d’autres départements ? En procédant ainsi, ne diminue-t-on pas l’efficacité et à la visibilité des conseillers régionaux de gauche dans le département, pendant toute la durée de leur mandat ?

- Au final, pourquoi la tête de liste PS départementale, pourtant 1er vice-président du conseil régional, a aussi mal défendu les intérêts de ses colistiers ?

Municipales de 2008 :

- Pourquoi la tête de liste PS n’a pas souhaité rassembler la gauche qui, du coup, est partie divisée sur quatre listes ?

- Pourquoi, à l’issue du 1er tour, la tête de liste PS a refusé de fusionner avec la liste divers gauche qui avait obtenu 6,48 % ? En prenant cette décision, n’a-t-il pas ôté toute chance du succès à la gauche ?

Nos solutions

Au delà de toutes nos interrogations, nous aurions également rappelé les solutions que nous proposons inlassablement :

- Faire primer, au moment du choix des candidats, la valeur personnelle sur l’étiquette ou l’appartenance à tel ou tel courant (proposé depuis le 18 novembre 2007 [2]) ;

- Construire une union permanente avec l’ensemble de partis de gauche pour toutes les élections locales (proposé depuis le 23 octobre 2006 [3]) ;

- À défaut, boucler les alliances locales plus tôt, entre un an et six mois avant (proposé depuis le 28 mars 2011 [4]) ;

- Créer un comité départemental de liaison de la gauche (proposé depuis le 28 mars 2011 [5]) ;

- Respecter les accords signés avec les partenaires (évidence rappelée le 28 mars 2011 [6]) ;

- S’ouvrir au centre (proposé depuis le 4 janvier 2008 [7])

- Cesser toute forme de parachutage (proposé depuis le 23 août 2012 [8]) ou de transhumance électorale (proposé depuis le 24 mars 2010 [9]) ;

- Organiser une primaire pour désigner les têtes de liste aux municipales (proposé depuis… le 22 septembre 2007 ! [10]).

Quoi qu’il en soit, en l’absence de moindre mea culpa de la part du PS 06, le pessimiste est de mise, notamment pour les prochaines municipales à Nice. Beaucoup pensent qu’il faut attendre l’échec prévisible à cette élection pour reconstruire la gauche et – enfin – changer les pratiques.

Nous ne sommes pas dans cet état d’esprit. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas renoncé à faire gagner, la gauche, à Nice, dès 2014 [11] !

Notes :


Posté le 4 octobre 2012 par Jean-Christophe Picard
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