Plus d’une centaine de vélos bleus (sur 900) a déjà été volée… À l’évidence, le
système d’accrochage des vélos aux bornes est beaucoup trop fragile.
Face à ce phénomène, Christian Estrosi fuit ses responsabilités et se contente, régulièrement, de rappeler que les vols de vélos sont sans conséquence pour les Niçois. Il a ainsi dernièrement répété [1] que « les risques liés à l’exploitation des vélos bleus sont entièrement supportés par la société Veloway ». Il a même menacé d’appliquer, le cas échéant, les sanctions prévues au marché. Enfin, il a annoncé l’arrivée de « 250 nouveaux vélos ».
Or, ces affirmations ne sont pas tout à fait exactes…
Certes, le vol des vélos n’a effectivement aucun impact sur les contribuables, mais il en a évidemment un pour les usagers ! En effet, le cahier des charges du marché – élaboré par la ville – n’a pas prévu le remplacement immédiat des vélos disparus. Il est juste imposé au titulaire de renouveler l’ensemble des vélos « au minimum deux fois pendant toute la durée du marché » [2] qui est de… quinze ans !
Quant aux sanctions que l’on agite devant le nez de Veloway, elles risquent de ne pas être très dissuasives… Le cahier des charges n’est, là non plus, pas très contraignant pour l’exploitant : les pénalités ne commencent à tomber que si le taux d’indisponibilité des vélos devient supérieur à 25 % [3]. En clair, sur 900 vélos, la ville tolère d’avoir jusqu’à 225 vélos en moins ! Pire, il n’est possible de résilier le marché que « si le taux d’indisponibilité est supérieur à 45 % » [4], soit à partir de 405 vélos en moins !
Quid des 250 nouveaux vélos ? En fait, il s’agit de 300 vélos supplémentaires dont la livraison était prévue dés le départ. Sauf qu’ils avaient initialement vocation à renforcer le parc existant et non à remplacer des vélos disparus !
On le voit, ce marché a été particulièrement mal préparé par la ville qui ne s’est pas montrée suffisamment prévoyante, ni assez exigeante par-rapport à l’exploitant. Au final, chacun peut remarquer que les stations dé vélos sont, la plupart du temps, désespérément vides…
Lire aussi, sur ce site :
« Les vélos bleus... 35 ans après les vélos jaunes ! » (18/07/09)
Lire aussi, ailleurs :
« Vélos bleus » sur le site de Patrick Allemand (29/11/09)
Notes :
[1] Nice-Matin, édition du 29 septembre 2009.
[2] Article IV du chapitre III du Cahier des clauses techniques particulières.
[3] Article 15.4 du Cahier des clauses administratives particulières.
[4] Article 18 du Cahier des clauses administratives particulières.
Posté le 13 novembre 2009 par Jean-Christophe Picard
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