Ceux qui ont bonne mémoire se rappellent que le Falcon 900 loué par Christian Estrosi - pour la modique somme de 138 000 € aux frais des contribuables - lui avait permis non seulement d’aller trinquer à l’Élysée, mais également, au retour, d’attérir, à Nice, pour pouvoir annoncer, aux côtés de Nicolas Hulot, la création imminente d’un centre de développement durable, au fort de la Revère...
Ah, elle était belle, la photo de l’évènement, parue dans Nice-Matin [1] ! Et l’article faisait encore plus envie : « C’est là , au coeur du parc naturel de la Grande-Corniche à Èze, [..] que sa Fondation, en partenariat avec le conseil général, va créer un “centre de développement durable” tourné vers les hautes technologies. Un projet de 14,45 millions d’euros dont les études s’étaleront entre 2008 et mi-2010, avec début du chantier en juillet 2010 et livraison sans doute décembre 201. Un ensemble dont Christian Estrosi, président du conseil général et secrétaire d’État à l’Outre-mer, lui a permis de visualiser : à la fois l’existant (à travers les vestiges bien conservés) et le futur (grâce aux plans dévoilés pour l’occasion). »
Joli coup de pub pour celui qui n’était pas encore maire de Nice, à quelques semaines du 1er tour de l’élection municipale ! Et ce n’est pas tout : la visite de Nicolas Hulot avait lieu la veille de la « convention sur l’environnement et le développement durable » organisée par Christian Estrosi pour appuyer sa candidature ; quelle coïncidence !
La suite était facile à imaginer : une fois Christian Estrosi élu, ce beau projet à 15 millions € (+ 1 million € par an pour les frais de fonctionnement) n’avait plus aucun intérêt pour l’UMP. À l’instar du nouveau port à l’Ouest, il est donc enterré après les élections…
Pour le justifier, Éric Ciotti n’a pas voulu se démonter, misant sur la mauvaise mémoire des électeurs : « La fondation Nicolas Hulot nous a fait savoir qu’à cause de la crise, elle n’était plus en mesure d’assurer les frais de fonctionnement. Nous ne réalisons donc pas l’investissement. » [2]. Or, c’est évidemment complètement faux : il n’a jamais été question de faire payer quoi que ce soit à cette fondation ! « Elle n’en a pas les moyens, avec un budget fragile de 5 millions d’euros pour 43 permanents, assuré à 80 % par des entreprises et remis en cause à chaque renouvellement de mécénat » avait d’ailleurs rappelé Annabelle Jaeger, de la fondation Nicolas Hulot [3].
On n’a donc pas hésité, sur ce dossier, à mentir deux fois aux électeurs !
Lire aussi, ailleurs :
« Exit Nicolas Hulot » sur le site de Dominique Boy-Mottard (27/01/10)
Notes :
[1] Nice-Matin, édition du 26 janvier 2008
[2] Nice-Matin, édition du 26 janvier 2010
[3] Nice-Matin, édition du 1er février 2009
Posté le 26 janvier 2010 par Jean-Christophe Picard
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